jeudi 29 septembre 2016

Septembre en attendant

Vallée des Auts' Mecs, ailleurs en ce monde, septembre en attendant  Alors je connais un mec qui est retourné à sa position historique, celle de l'observateur silencieux. Par dessus les murailles de ses livres et ses barricades de souvenirs, il scrute le monde et ses habitants, mieux planqué que jamais, comme une bête toujours prête à se carapater, curieux le matin, dubitatif à midi, complètement désemparé à l'heure du thé, dévoré par l'angoisse au crépuscule et laissé pour mort sur les plages des îles nocturnes. (L'ordre n'est... [Lire la suite]
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dimanche 29 juin 2014

"Je fais retentir mon cri sur les toits du monde"

C'est le grand Walt Whitman qui s'exprime ainsi. Il clame ce que je balbutie péniblement. Lui c'est un poète héroïque, moi un fonctionnaire brimé. Un phare lointain et un ver dans la grosse pomme. Un professionnel de l'extase et un spectateur envieux. Il m'exprime mieux que je ne puis m'exprimer moi-même. Il me transcende, ou il m'énerve, c'est selon. Dans tous les cas il me rappelle ces moignons d'ailes atrophiées que j'ai dans le dos. Qui me chatouillent un peu parfois. Douleur du membre fantôme. Eden ardent. Paradis perdu. "Je... [Lire la suite]
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lundi 3 mars 2014

Une fermeture qui m'éclaire...

  Rimbaud nous le clame haut et fort depuis la tour de gloire de son adolescence victorieuse : "Elle est retrouvée! Quoi ? L'éternité" Je pense souvent à ce vers d'anthologie quand je contemple les paysages de la Vallée des Auts' Mecs. Pour l'aubépine ci-dessus, il s'agit probablement d'une banalité. Mais moi je n'ai pas ses racines...Dimanche, cependant, je l'ai réinterprété à ma sauce lors d'une belle randonnée matinale : "Elle est fermée ! Quoi ? La chasse."  En apparence, ça flirte un peu moins avec les contrées de... [Lire la suite]
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mercredi 11 décembre 2013

Une seule mère, tant d'enfants...

"Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu'ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n'oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l'homme rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos soeurs ; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères." Ainsi parlait le chef Seattle en 1854.  La Vallée des Auts' Mecs n'a pas grand chose à voir avec les terres immenses que les blancs s'apprêtaient alors à lui voler. Les... [Lire la suite]
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mercredi 9 octobre 2013

« L'homme y passe à travers des forêts de symboles... »

 Charles Baudelaire n'a probablement jamais mis les pieds dans la Vallée des Auts' Mecs. Probablement qu'il y aurait senti ce « temple où de vivants piliers / Laissent parfois sortir de confuses paroles » dont il parle dans « Correspondances ».  C'est ce qu'on appelle « la Nature », c'est à dire cette longue addition d'êtres vivants, de choses inertes en apparence comme les pierres et les montagnes, ou vivantes en apparence comme les eaux des ruisseaux, tout ça nuancé par les humeurs des... [Lire la suite]
samedi 28 septembre 2013

Le drame du cerf

En ces derniers jours de septembre, une joie vibrante et quasi douloureuse jaillit des entrailles déchirées de la forêt. Dans l'air tendu de la Vallée des Auts' Mecs, résonnent les appels furieux des cerfs. C'est le grand tumulte annuel, l'explosion hormonale, le rut sauvage et immense. Chaque vague qui déferle, venue des lointaines plaines océaniques, porte en elle la mémoire de toutes les vagues, l'écume qui vient recouvrir nos orteils provient de la nuit des temps. De même, les brames ardents qui déchirent rageusement la nuit... [Lire la suite]
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dimanche 1 septembre 2013

Une nuit avec la vie aux trousses

Cela fait des siècles que les montagnes de la Vallée des Auts' Mecs s'imprègnent du soleil et des jours. Pas un nuage qu'elles n'aient déjà vu et pas une seule fièvre nocturne qu'elles n'aient déjà connu. Pas un seul homme se croyant agrandi par la solitude dont elles n'aient déjà ri. J'ai quelques années à peine alors que faire ? Avec tous mes efforts, quelle infime fraction de leur savoir pourrais-je faire mienne ? Je ne sais pas. Mais, irrémédiablement, mes jambes, prenant mon esprit de vitesse, me ramènent en ces lieux ou cela... [Lire la suite]
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mardi 27 août 2013

Comme la tentation d'un envol dans l'enclume du coeur

J'aime lire et relire les correspondances amoureuses des poètes et des écrivains. Gérard de Nerval et Jenny Colon, Vladimir Maïakovski et Lili Brick, Anaïs Nin et Henry Miller etc...J'y respire les sensations extrêmes auxquelles peut être confronté le coeur humain. Passions extraordinaires entre êtres hors du commun, sommets de gloire et d'adoration, abîmes de haine et de cruauté, couronnement et destruction, vie et mort. Je médite souvent sur cette complicité compliquée entre les gens beaux. Dans ma relation avec la nature il y a... [Lire la suite]
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vendredi 23 août 2013

"Rien n'est mort que ce qui n'existe pas encore...

...Près du passé luisant demain est incolore" (Guillaume Apollinaire) Rien de ce qui est passé ne mourra jamais et aucune angoisse d'avenir ne nous fera jamais plus de mal que certaines choses vécues. Demain n'existe pas. Le soleil, qui se plaît parfois à dramatiser ses sorties, ne me signifiait rien d'autre l'autre soir.  Quand je me suis levé ce matin, il y a longtemps que la Vallée des Auts' Mecs vivait son ébullition quotidienne. Comme un spectateur condamné aux mauvaises places du "Paradis", cherchant à décrypter une... [Lire la suite]
dimanche 11 août 2013

Quand l'aube d'un geste tendre...

... prend mon menton d'enfant bougon dans la coupe de sa main et force doucement mon visage vers la clarté insondable de ses yeux purs, en moi la nuit se noie. Un nouveau jour commence dans la Vallée des Auts' Mecs. Et je me redresse, je détourne finalement les yeux d'un feu qui n'a pas survécu à la nuit,  je cherche le regard de l'aube pour y lire les promesses connues. Un nouveau jour commence en moi. Quand d'un geste tendre j'effleure enfin le flanc de l'aube fuyante, elle disparaît instantanément dans la forêt la plus... [Lire la suite]