oct102

Dans la VDAM, on commence à avoir la tête à l'envers à force de regarder les feuilles tomber. 

eo9

oct100

oct103

Une ébullition de lumières que j'aurais ingurgitée comme une tisane réconfortante. Bien installé auprès du feu de ce bout du monde. A bout de pensées et de mots. En répit.

Et puis hier, retour vers l'eau de là-haut. Là aussi bout un monde. Quelques minutes à jouer avec la lumière de ces tornades, après ma batterie s'est déchargée. Dommage, je commençais à m'enfoncer, à partir loin... J'ai compensé en me passant plusieurs fois cette eau glacée sur le visage. Son odeur fraîche et pure, ma peau comme un chat qui prête l'échine aux caresses.

nov3

Il en ressort quelques-unes de ces abstractions qui n'en sont pas vraiment pour moi. Juste un univers entr'aperçu de plus qu'il faudra que j'explore plus avant, "quand j'aurais le temps".

nov4

nov5

nov7

nov8

nov9

nov10

nov11

Cette nuit-là, sur cette passerelle qui enjambait le torrent, je me suis fait la réflexion que l'eau qui courrait sous mes pieds était encore vierge de toute pollution. Et j'ai bien pris garde à ne laisser aucune pensée germer dans mon esprit, ne voulant pas être le premier à salir cette eau jeune et joyeuse. En la regardant filer entre les mystérieuses lignes femelles de la montagne endormie, je lui ai souhaité bon voyage. Et de la chance. Et du courage. Moi ça m'arrangeait bien de rester là.

nov2

Elle partait pour le bout du monde cette eau encore sauvage. Le bout du monde... Pour l'homme pressé, c'est avant tout une équation kilométrique qui se résoud aisément par l'achat d'un billet d'avion. Pas pour moi, ni pour cette eau. J'en connais quelques-uns des bouts du monde. Ce sont avant tout des bouts de moi. Pas besoin d'aller chercher bien loin alors.

Enfin, j'en sais rien, plus je vieillis et moins je sais. Je tiens un truc là.

C'est quoi le bout du monde ?

Ce soir-là, sur cette passerelle, la nuit m'est apparue comme une belle hypothèse.

nov1